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J'ai préféré ne pas employer les termes "fiches de poste", "responsable", "campagne de recrutement", utilisés à la base, car je les trouve assez inappropriés dans notre contexte. - avoir des "responsables" (responsable de communciation, responsable de rédaction...) ça met une énorme pression sur les épaules de la (ou des) personne(s) qui portent ce titre, car il y a un sous-entendu culpabilisateur : si ça marche pas, c'est de _ta_ faute. Or, la responsabilité dans le milieu associatif est partagée : si ça ne marche pas, c'est de la faute de _tout le monde_ (ou de personne, vous choisissez). Faire ensemble, ce n'est pas désigner des responsables que l'on peut pointer du doigt quand ça casse ; c'est porter la responsabilité ensemble. - à la rigueur, le terme "référent·e" serait plus approprié, mais me gêne quand même dans la mesure où on _individualise_ la compétence et on _hiérarchise_ les rapports. A-t-on besoin d'une organisation verticale du travail pour faire tourner un projet ? Je pense que c'est une fausse bonne idée. - le terme "fiche de poste" qui fait écho au milieu de l'entreprise, et qui transporte avec sa conception vicieuse des rapports humains : le "poste", à pourvoir, évoque une fonction délimitée, segmentée, une case dans laquelle on vient se positionner, au service de l'organisation qui nous accepte. Dans notre milieu associatif, le rapport s'inverse : une personne vient apporter ses compétences, ses idées, enrichit la diversité de l'association, et trouve sa place où il/elle le souhaite, dans le but premier de s'épanouir, d'aimer contribuer à quelque chose. Dans le milieu bénévole, c'est le/la bénévole qui définit comment il/elle contribue, pas l'association. - dans "campagne de recrutement", il y a un côté engageant, un peu binaire : soit tu es recruté·e, soit tu ne l'es pas ; et c'est l'organisation qui décide. Il y a une fois de plus inversion des rapports : on parlera plutôt d'_appel à contribution_, car on ne _donne_ pas un emploi, on _reçoit_ de l'aide. J'ajoute aussi que 42l se définit peut-être plus comme un mouvement, avec ses sympathisant·es, ses contributeur·ices du jour, qui vont et viennent et qui font partie de cette "constellation" de personnes qui nous soutiennent ; cela ne correspond pas à l'image de "personnes qui sont recrutées et d'autres qui ne le sont pas". Alors oui, on a aussi besoin de membres permanents, mais ce n'est pas quelque chose qui se décide dès le début, et ça doit venir de la personne qui contribue. Bien après avoir rejoint l'association. Voilà, désolé si je chipote sur des détails (et des termes qui se sont popularisés et imposés dans le langage courant), ce sont des réflexions en vrac mais ça avait besoin de sortir !